Brazzaville. Les Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), organisées du 25 au 29 mai à Brazzaville, se sont conclues par une série d’accords stratégiques destinés à renforcer le financement du développement sur le continent. Santé, capital humain, infrastructures, agriculture et emploi des jeunes figurent parmi les principaux secteurs concernés par ces nouveaux engagements.

Au-delà des échanges entre chefs d’État, ministres, banquiers et partenaires techniques, les rencontres de Brazzaville ont été marquées par la signature de plusieurs protocoles d’accord illustrant la volonté de la Banque africaine de développement de transformer les engagements politiques en projets concrets.

Sous l’impulsion de son président, le Dr Sidi Ould Tah, l’institution panafricaine a officialisé plusieurs partenariats avec des organisations internationales et des institutions financières régionales afin de soutenir la transformation économique du continent.

La BAD et l’UNFPA misent sur le capital humain

Premier accord majeur annoncé à Brazzaville : le partenariat conclu entre la Banque africaine de développement et le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

Les deux institutions souhaitent renforcer leurs interventions en faveur de la santé maternelle, de l’autonomisation des femmes et de l’insertion des jeunes, en faisant du capital humain un moteur de croissance durable.

L’accord prévoit notamment d’explorer de nouveaux mécanismes de financement afin de mobiliser davantage de ressources au profit des femmes et de la jeunesse africaine.

Pour Diene Keita, directrice exécutive adjointe de l’UNFPA, cette coopération ouvre la voie à des investissements capables d’améliorer durablement les conditions de vie de millions d’Africains.

Le président de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, a pour sa part réaffirmé sa volonté de placer le développement du capital humain au cœur des priorités de l’institution, estimant que les investissements dans la santé, l’éducation et la jeunesse constituent des leviers essentiels de la transformation économique du continent.

Au-delà des financements, les deux partenaires entendent également intégrer davantage les enjeux démographiques dans les stratégies nationales de développement afin de faire de la santé et du bien-être des populations des investissements stratégiques à long terme.

Un partenariat renforcé avec la BDEAC

Autre temps fort de ces Assemblées : la signature d’un accord de coopération entre la BAD et la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC).

Paraphé par le Dr Sidi Ould Tah et le président de la BDEAC, Dieudonné Evou Mekou, cet accord vise à renforcer la mobilisation des ressources financières destinées aux grands projets d’intégration régionale.

Inscrit dans le cadre de la Nouvelle architecture financière africaine (NAFA), le partenariat prévoit le cofinancement d’infrastructures structurantes, le partage d’expertise technique ainsi qu’un accompagnement renforcé des projets à fort impact économique et social en Afrique centrale.

À travers cette alliance, les deux institutions souhaitent accroître la capacité de financement de la sous-région et accélérer la réalisation des projets prioritaires.

Un financement de 172 millions de dollars pour les jeunes du Niger

Les Assemblées de Brazzaville ont également donné lieu à la signature d’un important accord de financement avec le gouvernement du Niger.

D’un montant de 172 millions de dollars, soit près de 95 milliards de francs CFA, ce financement soutiendra le Programme intégré de développement de l’agri-entrepreneuriat des jeunes et de l’innovation technologique et financière.

L’accord, signé avec le ministre nigérien de l’Économie et des Finances, Maman Laouali Abdou Rafa, vise à moderniser la formation professionnelle agricole, favoriser l’emploi des jeunes et renforcer la compétitivité du secteur agricole, considéré comme un moteur essentiel de la diversification économique du pays.

Une BAD tournée vers les résultats

À travers ces différents partenariats, la Banque africaine de développement confirme sa stratégie consistant à mobiliser davantage de financements au profit des priorités de développement du continent.

Qu’il s’agisse du renforcement du capital humain, de l’intégration financière régionale ou du soutien à l’emploi des jeunes, les accords conclus à Brazzaville traduisent une volonté commune d’accélérer les investissements dans des secteurs jugés stratégiques pour la croissance et la résilience des économies africaines.

Au-delà de leur portée financière, ces signatures illustrent également l’ambition de la BAD de renforcer la coopération entre les institutions africaines, les organisations internationales et les États afin de construire des mécanismes de financement plus efficaces et davantage adaptés aux besoins du continent.

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