C’est une image surréaliste qui restera gravée dans les mémoires des habitants du littoral congolais, le samedi 4 juillet 2026, un impressionnant camion-remorque a traversé les artères de Muanda, en transportant sur son plateau la carcasse d’un cétacé de plus de dix mètres de long. Échoué depuis le mercredi 1er juillet sur les côtes atlantiques de la République Démocratique du Congo, le géant des mers n’a pas survécu, laissant derrière lui un parfum de deuil écologique et une population partagée entre stupeur et frustration.

Le passage de la carcasse de cette baleine évacuée  à l’aide d’une grue de près de 42 tonnes, acheminée depuis Matadi où elle sera certainement inhumé, a créée plus de stupéfaction aux congolais qui ont vécu ce spectacle inédit…

Tout a commencé le mercredi 1er juillet, les pêcheurs et riverains de Muanda découvrent avec stupeur une silhouette monumentale débattue par les vagues, prisonnière du sable. Une baleine à bosse d’une dizaine de tonnes venait de s’échouer.

Alertées, les équipes de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) se sont immédiatement mobilisées pour tenter de repousser le mammifère vers le large. Mais le combat était inégal. Affaibli, présentant de graves lésions cutanées et des traumatismes corporels visibles, le cétacé a lutté pendant près de vingt-quatre heures avant de succomber le jeudi 2 juillet, faute de moyens logistiques adaptés pour le treuiller à temps dans les eaux profondes.

LE CONVOI DE LA DERNIÈRE CHANCE : L’ESCORTE DU SAMEDI


Après le décès de l’animal, une course contre la montre sanitaire s’est engagée. Laisser un tel corps se décomposer sur une plage touristique et habitée représentait un risque majeur de santé publique. C’est ainsi que le samedi 4 juillet, les autorités locales et de l’ICCN ont orchestré une opération d’évacuation hors norme.

Hissé à force de bras et d’engins de chantier sur un camion-remorque de grand tonnage, le Léviathan des mers a entamé son ultime voyage à travers la cité côtière, sous les yeux ébahis des badauds, escorté par les forces de l’ordre vers un site d’équarrissage et d’inhumation sécurisé.

Alerte sanitaire : « Ne consommez pas cette chair ! »
Si l’événement a attiré les curieux, il a également suscité des convoitises dangereuses. L’ICCN a immédiatement tapé du poing sur la table en émettant une mise en garde sévère à la population locale. Il est strictement interdit de consommer la viande de cette baleine.

‘C’est une espèce totalement protégée. Au-delà de la loi, il y a un péril sanitaire immédiat. Nous ignorons de quelles pathologies ce cétacé était porteur. Quiconque a touché ou tenté de prélever de la chair doit impérativement se rendre dans un centre hospitalier pour des tests’, ont martelé les autorités sanitaires du Kongo-Central.

LE RÉVÉLATEUR D’UN VIDE LOGISTIQUE CRIANT


Au-delà de la tristesse légitime face à la mort de cette créature majestueuse, cet échouement agit comme un violent signal d’alarme environnemental. Sur les réseaux sociaux et dans les rues de Muanda, la colère gronde face au manque d’équipements de secours maritimes en RDC.
La mort de la baleine de Muanda et son triste défilé sur un camion-remorque le samedi dernier ne doivent pas rester un simple fait divers.

C’est un plaidoyer à ciel ouvert pour le renforcement urgent des capacités de l’ICCN et pour une véritable politique de protection de la biodiversité marine.

Le littoral congolais crie à l’aide, et cette fois, c’est un géant déchu qui en a porté l’écho.


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