En plein cœur de la République centrafricaine, l’aire protégée de Dzanga-Sangha demeure l’un des ultimes refuges des éléphants de forêt. C’est dans ce décor d’exception qu’Ivonne KIENAST, biologiste du comportement et responsable de recherche du projet sur les éléphants de Dzanga Bai, mène une lutte acharnée pour la préservation de cette espèce menacée. À l’occasion d’un webinaire international organisé le 21 juillet 2026, avec le soutien de la plateforme panafricaine Sharescreen Africa, dédiée à l’éducation et au tutorat dans le domaine de la conservation de l’environnement, l’experte a dressé un bilan complet des actions menées depuis 2021 sur ce site classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, réunissant chercheurs et spécialistes de l’environnement venus de la sous-région.

Au nord-est du bassin du Congo, la clairière de Dzanga Bai constitue le pouls vital des aires protégées de Dzanga-Sangha en RCA. Elle  abrite l’une des plus imposantes concentrations d’éléphants de forêt de la planète. Le projet Dzanga supervisé par des chercheurs comme Ivonne KIENAST, consiste à protéger l’une des plus grandes populations d’éléphants de forêt.

Mais ce joyau de biodiversité est une cible permanente pour le grand banditisme environnemental. Pour contrer les réseaux de trafic d’ivoire et la pression croissante du braconnage, la chercheuse et ses équipes déploient une stratégie offensive et multidimensionnelle, axée sur:

  • Une recherche scientifique de pointe : Le suivi éthologique et individuel des pachydermes qui permet de cartographier les dynamiques sociales et d’offrir une zone de sécurité optimale aux mères et à leurs éléphanteaux.
  • Un bouclier anti-braconnage renforcé : Des patrouilles d’écogardes hautement qualifiés sillonnent la réserve pour neutraliser les infiltrations armées et sécuriser les voies d’accès.
  • Une alliance étroite avec les peuples autochtones : L’intégration active des communautés locales, et plus particulièrement des peuples Ba’Aka, gardiens séculaires de la forêt, s’avère décisive. Leurs savoirs traditionnels et leur implication garantissent des alternatives économiques durables face au piège du braconnage.

TECHNOLOGIE D’AVANT-GARDE ET FORMATION : LES NOUVELLES ARMES DE LA CONSERVATION

Pour prendre de vitesse les braconniers dans un environnement particulièrement hostile, le projet Dzanga mise sur l’innovation technologique grâce à la surveillance bioacoustique. Un réseau d’enregistreurs autonomes disséminés dans la canopée capte en continu les vocalisations des éléphants, notamment leurs infrasons imperceptibles à l’oreille humaine, mais détecte aussi instantanément les bruits de menaces comme les coups de feu ou le vrombissement des tronçonneuses.

Cette technologie de pointe s’accompagne d’un vaste volet de formation humaine. Le projet investit massivement dans le renforcement des compétences des étudiants, des écogardes, des jeunes volontaires et des acteurs locaux, préparant ainsi la relève de la conservation africaine.

Diffusée lors de la session virtuelle intitulée «Soirée Conservation », cette présentation a levé le voile sur le quotidien hors du commun de ceux qui défendent la faune sauvage.

 Suivre et protéger les éléphants au sein d’une forêt dense exige une adaptation constante, un sang-froid absolu et une prise de décision rapide face à des risques réels et imminents. Le travail de terrain y est physiquement éprouvant, souvent périlleux, mais indispensable pour préserver l’équilibre écologique du continent.

Grâce au soutien de Sharescreen Africa, l’initiative panafricaine qui démocratise l’accès au savoir environnemental en connectant experts, universités et ONG à travers des événements virtuels et une bibliothèque numérique, ce combat titanesque trouve un écho mondial. Une démonstration poignante que la sauvegarde de la biodiversité repose sur un triptyque fondamental : la science de terrain, la technologie et le partage du savoir.

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