Chaque année, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) passe au crible le secteur du bâtiment et de la construction. Le verdict est tombé, et il n’est pas bon du tout : pour sauver le climat, le BTP (Bâtiment et Travaux Publics) accumule un retard immense. Pourtant, des solutions existent, du recyclage des briques au déploiement de lois intelligentes en Afrique.
Pour espérer atteindre la neutralité carbone en 2050 (c’est-à-dire ne pas rejeter plus de que la Terre ne peut en absorber), le secteur du bâtiment devrait afficher aujourd’hui un score de 52 points sur une échelle de 100 en matière de décarbonation.
Le score réel ? À peine 2,8 points. C’est loin, très loin de l’objectif. Malgré des milliards d’investissements mondiaux dans l’efficacité énergétique, l’écart se creuse. « Nous constatons que les efforts stagnent », regrette Oliver Rapf, auteur principal du rapport du PNUE. En cause : dans trop de régions du monde, le chauffage, la climatisation et la cuisine dépendent encore massivement du pétrole ou du gaz.
La solution magique : Le « réemploi » de matériaux
Pour inverser la tendance, une solution commence à faire parler d’elle : le réemploi. L’idée est simple : au lieu de détruire un bâtiment, de tout jeter et de fabriquer de nouveaux blocs de béton super polluants, on récupère, répare et réutilise les anciens matériaux (portes, briques, structures métalliques) directement sur de nouveaux chantiers.
En France, cette pratique reste encore marginale et concerne moins de 1 % des déchets du BTP. Mais la philosophie change. La preuve avec le salon européen ReUse, consacré à la réparation et au réemploi, où un conseil de planification écologique s’est réuni pour repenser entièrement l’avenir de la construction. À Vitry-sur-Seine par exemple, des chantiers expérimentaux prouvent déjà que construire du neuf avec du vieux, c’est possible et c’est beaucoup plus propre !
L’Afrique, la « priorité absolue » des Nations unies
Si le sujet est brûlant partout dans le monde, l’ONU considère le continent africain comme la zone prioritaire. Pourquoi ? Parce que c’est là que va se concentrer la majeure partie des nouvelles constructions mondiales d’ici 2050 pour faire face à la croissance des villes.
Le défi est double : il faut construire énormément, mais de manière intelligente. Les bâtiments de demain doivent consommer très peu d’énergie, être capables de résister aux vagues de chaleur extrêmes, tout en restant financièrement accessibles à tout le monde.
L’exemple vient des lois et des traditions locales
Pour y arriver, pas besoin de climatiseurs géants qui surchauffent la planète. Plusieurs pays africains montrent la voie en changeant directement leurs lois et leurs codes de construction :
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L’astuce du Kenya : Le pays a modifié ses règles pour imposer le « refroidissement passif ». On oblige les constructeurs à installer des zones d’ombre naturelles, une ventilation qui fait circuler l’air sans électricité, et des toits blancs spéciaux qui réfléchissent la lumière du soleil pour ne pas accumuler la chaleur.
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Le retour aux sources au Ghana et au Sénégal : Ces deux nations ont créé des feuilles de route pour utiliser des matériaux de construction locaux (comme la terre crue ou la pierre). Ces matériaux traditionnels sont naturellement adaptés aux climats chauds et demandent beaucoup moins d’énergie à fabriquer que le ciment industriel.
En résumé : Accélérer la rénovation des anciens bâtiments et changer la façon dont on construit les nouveaux est une triple victoire. Cela permet de faire baisser les factures d’énergie, de réduire drastiquement les émissions de carbone et de nous protéger des futurs caprices de la météo. Il est temps que le secteur de la construction fasse sa révolution !
