Face aux turbulences des marchés énergétiques mondiaux et à la réorganisation des circuits d’approvisionnement, l’Algérie et la Côte d’Ivoire unissent leurs forces. Les deux nations ont scellé à Alger un accord de coopération stratégique majeur. Objectif : bâtir un axe industriel fort pour valoriser localement leurs ressources en hydrocarbures et en minerais.

🤝 Un cadre juridique pour une ambition commune

Fruit de concertations amorcées en 2024, cet accord a été officialisé par le ministre algérien de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, et son homologue ivoirien, Mamadou Sangafowa-Coulibaly.

Plus qu’une simple déclaration d’intention, ce texte pose les fondations institutionnelles et juridiques nécessaires pour sécuriser les investissements croisés, faciliter le transfert de compétences et piloter des projets industriels d’envergure. Pour garantir le succès opérationnel de cette alliance, un groupe de travail conjoint a été mis sur pied avec pour mission d’identifier et de coordonner les chantiers prioritaires.

⚡ Hydrocarbures et mines : Une intégration de bout en bout

Le partenariat validé par Alger et Abidjan embrasse l’intégralité de la chaîne de valeur des secteurs extractifs et énergétiques :

1. L’amont et l’aval pétrolier et gazier

La coopération intègre toutes les étapes : de la recherche géologique et l’exploration des sols jusqu’au raffinage et à la pétrochimie. Un accent tout particulier est mis sur le développement de projets gaziers, notamment le Gaz Naturel Liquéfié (GNL), ainsi que sur la modernisation des infrastructures de transport et de stockage.

2. Le secteur minier et la transformation locale

L’accord cible l’exploration et l’exploitation des minerais. Rompant avec le modèle traditionnel d’exportation de matières brutes, les deux pays s’engagent à privilégier la transformation locale afin de maximiser les retombées économiques et de diversifier leurs tissus industriels respectifs.

🧠 Technologie, environnement et le levier Sonatrach

Au-delà de l’extraction, cette alliance Sud-Sud intègre les défis technologiques et climatiques du siècle :

  • Transition numérique et sécurité : Partage d’expérience autour de la digitalisation des processus industriels et du renforcement de la sécurité des sites.

  • Urgence climatique : Mise en œuvre de programmes conjoints de protection de l’environnement, axés sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

  • Capital humain : L’Algérie mettra à contribution ses institutions spécialisées et son géant public Sonatrachpour piloter des programmes de formation intensive et des transferts de technologies vers les cadres et techniciens ivoiriens.

En misant sur leurs complémentarités — l’expertise historique de l’Algérie dans les hydrocarbures et la dynamique d’expansion économique de la Côte d’Ivoire —, les deux puissances africaines démontrent leur volonté de prendre en main leur destin énergétique et d’accélérer l’intégration économique du continent.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *