Pour nourrir la population et faire face au changement climatique, les agriculteurs africains ont besoin de bons conseils. Mais pour que cette aide soit vraiment efficace, le secteur doit relever cinq défis majeurs. Explications avec le Dr Mouelhi Bassem, un expert tunisien de la formation agricole.

Aujourd’hui, aider un agriculteur ne se résume pas à lui donner des graines ou à lui installer une application sur son smartphone. Selon le Dr Mouelhi Bassem, qui s’est exprimé lors d’une conférence en ligne, il faut d’abord reconstruire les bases du « conseil agricole » (le système qui forme et informe les professionnels de la terre).

Voici les 5 chantiers prioritaires pour moderniser l’agriculture sur le continent :

1. Créer des règles du jeu claires (Le défi juridique)

Avant de parler de technologies ou de drones, il faut des lois ! Dans beaucoup de pays africains, il n’existe pas de règles claires pour définir qui a le droit de conseiller les agriculteurs et comment le faire. Sans de bonnes lois, impossible de protéger les données personnelles des agriculteurs ou de garantir que les informations qu’ils reçoivent sont vraies et de qualité. C’est la base de tout.

2. Former les humains avant les machines (Le défi de la transformation)

Les applications mobiles et le numérique, c’est super, mais ça ne fait pas tout. Si les conseillers sur le terrain et les agriculteurs eux-mêmes ne savent pas s’en servir, ces outils technologiques ne servent à rien. L’objectif est donc de trouver le juste équilibre : utiliser la technologie, mais surtout former les humains pour qu’ils montent en compétences.

3. Savoir qui commande (Le défi de la gouvernance)

Actuellement, les agriculteurs reçoivent des informations de partout : par internet, par la radio ou par le bouche-à-oreille. Le problème ? On s’y perd, et certaines informations peuvent être fausses. Le défi est de mettre en place une institution unique dans chaque pays pour vérifier, contrôler et valider les messages envoyés aux agriculteurs, afin qu’ils reçoivent des conseils fiables.

4. S’adapter d’urgence à la météo (Le défi du changement climatique)

Le climat change vite, et l’agriculture est en première ligne. Sécheresses, pluies imprévisibles… les techniques du passé ne fonctionnent plus toujours. Les services d’aide doivent absolument intégrer des outils modernes comme des alertes météo sur téléphone et proposer des solutions locales pour que les agriculteurs puissent protéger leurs récoltes face aux catastrophes naturelles.

5. Sortir la science des laboratoires (Le défi de la recherche)

C’est un problème très fréquent : des scientifiques trouvent de super solutions ou de nouvelles variétés de plantes dans leurs laboratoires, mais ces découvertes restent enfermées dans les universités. Le conseiller agricole doit devenir un « traducteur » : son rôle est de prendre la science complexe et de la transformer en conseils simples et pratiques pour l’agriculteur sur le terrain.

En résumé : Pour que l’agriculture africaine progresse, il faut réussir à faire travailler ensemble les lois, la technologie, la science et les humains. C’est la condition pour construire un système solide et durable.

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